La Solitude des Aliens d'après Mauvais Plan sur la Comète, de Jean-Charles Chapuzet

Compagnie Demain est en Retard

2021

photo : Avril Dunoyer

Mise en scène Julie Bulourde

Avec Timothée Loridon et Loïck Moissonnier et Zoé Faucher/Mélissa Meyer (alternance)

Scénographie, construction et accessoires Suzanne Barbaud

Costumes Léa Emonet, Luc Emonet

Lumière Rémi Prin

Son Léo Grise

note scénographique

A l’origine, il y a un livre. Non, avant il y a eu un documentaire, des articles, des émissions. Non, à l’origine, il y a l’histoire d’un homme. Un homme donc, qui a vraiment vécu, et vit encore.

 

Dans le dessin de la scénographie de La Solitude des Aliens, nous avons cherché à contextualiser le propos de la pièce, à choisir l’endroit où se placer par rapport à l’histoire réellement vécue par cet homme, Jean-Claude Ladrat, en regard et en parallèle de toutes ces « couches » de lecture successives.

Pour cela, nous sommes revenues à l’intérêt premier pour cette histoire de la part de nombre de journalistes, et encore de nombreux fans : le rapport étrange que cet homme entretient avec la réalité. Notre fil conducteur lors du dessin étant cette phrase choisie par la metteuse en scène Julie Bulourde lors de l’écriture :

« C’est la réalité ? Ou une sorte de rêve bizarre et tordu ? » (Twin Peaks, David Lynch)

Notre enjeu a donc été dès lors de porter le spectateur dans une sorte de doute continuel sur ce qui se déroule sous ses yeux, lui présenter des faits qui malgré leur véracité semblent trop incroyables pour être vrais. Ou trop réels pour être imaginés.

 

Bricoler une tempête sur scène tout d’abord, présenter le quatrième mur, attirer le spectateur dans le monde imaginaire de notre héros.

Une fois la tempête calmée, la scène laisse place à un monolithe, central, et de par sa forme une référence assumée à l’ouverture de 2001, l’odyssée de l’Espace (Stanley Kubrick). Le mystère qui l’accompagne n’est-il pas également l’accès à un au-delà, un ailleurs possible, et une question centrale dans l’histoire de l’homme : pourquoi ?

Ce monolithe exprime ainsi, grande et visible, l’énigme totale terrassant le journaliste que nous suivons à la découverte de Jean-Claude Ladrat. Il est la porte vers le monde de celui-ci, mais une porte qui tend à sans cesse se refermer sur ce secret.

Notre enquêteur tourne et retourne cette forme, elle se fragmente sous nos yeux, se réorganise, représente tour à tour la salle à manger de Jean-Claude Ladrat, le bar du village de Germignac (ce nom semblant lui-même sorti tout droit d’une histoire pour enfants), un plateau de TV, mais en vain. Elle se refermera toujours sur le mystère du transcendantal imaginaire de Jean-Claude.

 

Autour de cette stèle danse la soucoupe de Ladrat, son grand-œuvre, et la raison principale de l’intérêt amusé porté à son histoire par les journalistes. Bien qu’ayant gardé la forme originale de la soucoupe construite par Ladrat, nous l’utilisons ici comme une forme légère, translucide, tentant ainsi de rester fidèles à l’idée que Ladrat projette sur elle : une fois terminée, c’est certain, elle lui permettra de prendre son envol et de rejoindre Altaïr qui l’attend.

 

Suzanne Barbaud

Décor pensé et construit à L'Atelier de l'Espace

poste : scénographe, accessoiriste, constructrice