Avec

Les hôtesses Marine Lefebvre,Laura Reboul,  Adèle Autelin, Emilie Pigeard, Morgane Masterman

Les curiosités Benoit Coquil, Diane Rabreau,

Marie-Luce Nadal, Camille Benarab-Lopez,

Marie Bonnin, Lou Ripoll, Lucas Cicéron,

Thomas Lelouch, Victor Melchy, Maï Kansou, Françoise et François Barbaud

 

Costumes Lou Ripoll
Accompagnement technique

Jean-François Losson, Nicolas Bieganski

 

Le Conservatoire des Curiosités Modernes

Quelques hôtesses, sérieuses, pressent le pas, faisant la promotion d’un évènement inégalé, présentant un genre étrange de personnes, une certaine espèce en voie d’extinction... Elles distribuent des jetons permettant aux spectateurs d’accéder au spectacle.
Le spectateur est invité à éprouver seul sa curiosité, caché derrière un rideau tiré par une hôtesse, il entre le jeton dans une fente au mur, colle son oeil au judas de la paroi, prêt à découvrir cet étrange peep-show.
Les cabines recèlent d’hommes et de femmes se délectant de la lecture ô combien savoureuse de livres remplis de pages... Ils s’adonnent à ce plaisir, et le spectateur, projeté dans cette intimité, profite du spectacle... jusqu’à la fin du temps imparti, lorsque l’oeilleton se referme!

croquis préparatoires

multiposte : - création

                     - scénographie

                     - construction

                     - accessoires

                     - jeu

bla

« ça donne envie d’être à leur place ! Je louerais la cabine de droite (ndlr : la cabine blanche), et j’y lirais un bon truc romantique! »
« ça se situe où dans Paris, le CCM ? Où est son siège ? ça existe depuis longtemps? »
« Oh c’est amusant, on a l’impression de regarder à travers les vitres de la bibliothèque et voir tous ces gens penchés sur leurs livres »
« C’est vrai qu’ils sont étranges, j’en connais moi-même quelques spécimens... »
« Va voir celui-là, il devrait te plaire... »
« Moi je lis exclusivement des écrits pétainistes. Vos trucs de gauchaux, ça ne m’intéresse pas. [...] Je travaille au sous-sol, niveau recherche »
« Il triche! Il doit avoir une TV sous la table! Attention c’est un dissident! Vous devriez le surveiller, en plus il a l’oeil malicieux! »
« Mais ils sont pas du tout en voie de disparition, voyez rien qu’en venant, il y avait un monsieur qui lisait dans le bus »
« Mon coup de coeur personnel, c’est la cabine de gauche, je vous la conseille! »
« Je n’ai pas eu le temps de voir le titre de ce qu’il lisait! Je pourrais avoir un nouveau jeton? »
« J’espère que ça fait pas peur, je suis cardiaque! »
«C’est vrai, je me sens moi-même un peu gêné souvent, je suis le seul à lire dans le Rer le matin. Je dois être en voie d’extinction aussi! »
« Haha! Les enfants doivent donc être accompagnés! »

notes scénographiques

L'ambiance visuelle est inspirée des films de Jacques Tati, la BNF utilisée comme le décor d’un scénario futuriste.

La lecture peut désormais être «tactile». Cette appellation, vite adoptée, oublie qu’avant l’apparition de ces merveilles de technologie, les «cybook», «livres électroniques» ou autres «liseuses sans fil», notre lecture a toujours été accompagnée de sensations incomparables: le toucher du papier, la courbe de la page sous la pulpe de nos doigts, son odeur, ou bien même la netteté acérée de ses bords de pages...
L’idée est ici d’attirer l’attention sur cette expérience profondément charnelle, intime, voire excitante provoquée par la lecture d’un imprimé, de quel genre qu’il soit, tant qu’il est de papier!

Les trois cabines d’effeuillage sont de réels détournements du vrai Peep-show. Le fonctionnement en est le même, et le but est donc de jouer avec l’image répandue d’une sensualité sulfureuse mise en spectacle.
Il ne s’agit pas de strip-tease, d’où le décalage, mais simplement d'une relation charnelle, pleine de volupté, avec le livre en cours.